j'ai eu dernièrement une discussion avec un des mes étudiants alors que nous étions en train d'évaluer la portée de certains spots publicitaires en langue arabe.Il était question de mesurer l'efficacité d'un spot publicitaire à la clarté que met le créatif à véhiculer la promesse que le produit propose.Le constat suivant a été établi et accepté par l'ensemble des étudiants : dans les spots marocains, il ya plusieurs promesses à la fois, souvent divergentes et propres à introduire une certaine dissonance dans l'acte de communication. Un état de fait que nous avons essayé d'analyser et d'en trouver la source. La discussion a soudain bifurqué sur coca-cola qui communique de manière simple et efficace en proposant à la planète la même promesse du bonheur simple de boire un soda. Je fus alors surpris par cette espèce de paranoia qui s'est emparée de tout le monde à propos de tout et de tout le monde. L'étudiant que j'ai cité au début me rétorque, en substance, qu'il faut se méfier de la simplicité des slogans qui peut cacher des desseins inavouables de la part des marques. J'ai essayé d'expliquer qu'un créatif dans une agence n'est pas forcément un cynique lobbyiste à la solde de je ne sais quel obscure officine; qu'un créatif est au service avant tout de son métier fait d'efficacité marketing (il faut bien que les produits se vendent) et, si c'est dans ses cordes, d'un sens esthétique qui fait qu'une publicité n'apparaît pas seulement sous l'angle utilitaire du profit.Pour mon étudiant, il faut se méfier systématiquement de tous les créatifs, surtout lorsqu'ils sont étrangers. Tous les créatifs ne sont pas innocents, d'après lui. J'ai expliqué que la différence entre les créatifs, marocains ou étrangers, se fait sur les concepts et les axes de communication, que tout le monde peut se tromper ou produire des publicités un peu hardies, s'en rendre compte et rectifier le tir. J'ai cité comme exemple coca cola, justement, qui a retiré de la circulation un spot où on voit un musulman se prosterner devant une bouteille de coca. Rien à faire, pour mon étudiant, les nazéréens veulent humilier l'islam. Et c'est alors que je me suis rendu compte, j'espère me tromper, qu'une certaine manière de voir s'installe insidieusement dans toute réflexion, dans les actes quotidiens et les actions que l'on entreprend chaque jour; que cette manière de penser non seulement exclut, c'est évident, mais qu'elle s'exclut elle-même de ce qui ne verse pas dans la même direction qu'elle.Je me suis ensuite mis à réfléchir sur les tenants de cette manière de voir en passant en revue tout ce qui peut l'expliquer : humiliation, exclusion, nécessités et manques divers et variés. Mais est-ce vraiment résoudre l'équation en se drapant dans une paranoia qui explique tout, surtout cette démission de la pensée qui met tout sur le dos de la malveillance des autres?. Je me suis rappelé que cette manière de voir touche déjà le port vestimentaire, la locomotion, etc. On stigmatise un état des choses non seulement par les mots mais également par la manière de s'habiller, de se mouvoir, de travailler aussi. De la publicité au management en passant par les moyens de transport, ce nouvel état des choses mérite réflexion.
par abdelhak loubane
publié dans :
TRIPTICOM
3
créer un trackback
recommander
Retour à la page d'accueil
Commentaires