À la une du journal Le Monde du 27 janvier 2005, M. Luiz Inacio Lula da Siva, président en exercice du Brésil, donnait son point de vue sur Davos et Porto Alegre quil qualifie de "champs communs possibles". Au-delà de la stature de l'auteur et de l'importance du sujet qu'il aborde dans son article, c'est le style qui retient mon attention. En lisant M. Lula, je retrouve tout le charme de la littérature brésilienne, surtout les romans de George Amado, avec ses tournures de phrase alambiquées, ses personnages impossibles et ses situations inattendues, le tout généreusement arrosé de caçaca et noyé dans des beignets de poisson savoureux. La cannelle pour le goût, la peau satinée des mulâtres pour faire joyeusement fructifier la nature humaine dans la nonchalance des nuits de Bahia de tous les saints. M. Lula ne déroge pas cette joie contagieuse que procure le verbe et que semblent partager les Brésiliens: en regrettant les morts causées par le tsunami asiatique, il évoque le fossé qui s'approfondit entre pauvres et riches, et il recommande, -admirez la tournure- "d'examiner une autre zone de dévastation évidente dans les statistiques de notre époque: un tremblement de terre silencieux qui se répercute depuis les ravins de l'inégalité globale ".
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